Côte d’Ivoire : Quels sont les lieux de mémoire de l’esclavage ?

Côte d’Ivoire : Quels sont les lieux de mémoire de l’esclavage ?
By Tradition
Mai 05

Côte d’Ivoire : Quels sont les lieux de mémoire de l’esclavage ?

Les lieux de mémoire de l’esclavage en Côte d’Ivoire : un sujet relatif à la traite et à l’esclavage au cœur des débats et devenue une actualité brulante au cours des dernières années en Afrique notamment avec l’avènement du projet “la route de l’esclavage” initié par l’Unesco en 1994 sur la demande de Haïtï.

Par David Dolégbé

Quand l’Afrique se souvient de la traite négrière

“La route de l’esclavage”, ce projet de l’Unesco a pour but de briser le  silence sur la traite négrière et l’esclavage dont sont concernés tous les continents. Cette initiative a favorisé le retour de milliers de descendants d’esclaves noirs sur leur terre d’origine. Partout dans le monde et particulièrement en Afrique et dans les Caraïbes, l’on se souvient de cette traite qui a provoqué des bouleversements considérables qui ont influencé nos sociétés modernes. Certes, la Côte d’Ivoire ne bénéficie pas d’une notoriété spontanée quant on parle d’esclavage à l’instar du Bénin, du Sénégal ou du Ghana, mais notre pays n’est pas restée en marge du devoir de mémoire accordé au plus 50 000 hommes et femmes déporté dans l’outre atlantique.

Kanga Nianzè, symbole du devoir de mémoire de l’esclavage en Côte d’Ivoire

Kanga Nianzè, village environnant la ville de Tiassalé situé à 80 km d’Abidjan est un témoin majeure de l’histoire de l’esclavage en Côte d’Ivoire. A l’entrée du village, une stèle inaugurée en juillet 2017, est devenu le symbole du devoir de mémoire de l’esclavage en Côte d’Ivoire. Non loin, la rivière Bodo, une eau à qui l’on prête des vertus mystiques rappelle les souvenirs douloureux de cette traite négrière. 

© Franck Arichy / Akpany Tour

Selon la légende, lorsqu’on s’y baignait, tous les souvenirs du passé étaient effacés de la mémoire. Avant la traversée, les captifs, arrachés de tout le pays, étaient amenés à Kanga Nianzè pour le bain de l’oubli. C’est seulement après cet ultime rituel qu’ils prenaient la route de Cap-Lahou pour être exilés. 

Grand-Lahou, cet témoin négligé

Fers d’esclaves. © Antoinetav / Wikimedia Commons

Le cap Lahou est l’ancien nom de la ville de Grand-Lahou qui était le point d’embarcation des esclaves ivoiriens pour l’outre atlantique. Ces hommes et femmes arrivés en petites embarcations par le fleuve Bandama depuis Tiassalé sont transférés par la suite dans de grands bateaux pour le grand voyage vers les Antilles et les Amériques. Voyage supposé du non-retour. Aujourd’hui, même si rien de matériel honore la mémoire des esclaves, le nom de Grand-Lahou, reste associé à l’histoire de l’esclavage en Côte d’Ivoire. 

Il est d’ailleurs prévu l’érection d’un musée de la traite négrière à Grand-Lahou. Pour quand ? Peut être lorsque les ivoiriens se souviendront que Grand-Lahou était le premier port négrier en Côte d’Ivoire.

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